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Sylvain Vidal, le curé de Lherm

Conseil de révision, 1891

Ce jour-là parmi les conscrits se trouve Sylvain, Guillaume Vidal. Il est né le 15 avril 1871 à Espère de Jean-Pierre Vidal et Marie Alibert. Il a 20 ans comme tous les autres garçons qui passent le conseil de révision. Mais lui arrive de Montfaucon où il est étudiant au petit séminaire. Sa situation est simple, il présente un dossier médical. Il est directement versé dans les services auxiliaires à cause d'une pointe de hernie. Il est inapte aux activités militaires ordinaires mais il peut être appelé pour tenir des emplois militaires auxiliaires comme la gendarmerie, les transports, l'administration ou le service de santé. Son frère aîné, Antoine, est né en 1865 c'est lui qui reprend l'exploitation familiale d'Espère.

Le 10 octobre 1893 Sylvain est domicilié, selon son dossier militaire, au grand séminaire de Cahors, où il se prépare à devenir prêtre. Sa première paroisse sera celle de Cardaillac, pas très loin de Figeac. Il y restera 3 ans. Il rejoint ensuite, à l'aube du 20° siècle, la paroisse d'Albas, il a 29 ans. Il est tout près de sa famille, le train qui va de Cahors à Monsempron-Libos permet aux uns et aux autres de se rendre visite depuis la gare de Mercuès. Il est nommé le 21 août 1901 ou 1905 (la date est illisible), curé de Lherm.

Le curé de Lherm

En 1905, il vient d'entrer dans la trentaine, il passe de l'armée de réserve à la territoriale. Il est curé de Lherm. Il réside à Péchaurié, circule à bicyclette et accomplit son sacerdoce avec autorité et attention.

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En 1911, il a 40 ans, il passe dans la réserve de la territoriale, ses obligations militaires s'épuisent en même temps qu'il vieillit, comme tous les autres garçons de France.

Mais voilà c'est sans compter sur la folie des Hommes, le 1° août 1914 la guerre éclate. Aussitôt la machine militaire se met en marche, Sylvain, Guillaume a 43 ans le décret du 29 septembre 1914 le maintient dans le service auxiliaire. Il peut être appelé pour tenir sa place à l'arrière.

Le 5 mars 1915 il est convoqué devant la commission de réforme qui le réforme, cette fois, pour une hernie double. Que se passe-t-il dans la vie et dans la tête de Sylvain Vidal durant ces années 14 et 15 ?

En août 14, il  assiste à la mobilisation de toute la jeunesse de Lherm, ils sont partis en pensant être de retour pour Noël, ils ne sont pas revenus à Noël 1914, par contre des lettres sont arrivées, annonçant des blessés, des prisonniers, des disparus et des morts. Sylvain assiste les familles, il voit la détresse des femmes seules dans les exploitations, l'inquiétude des familles pour leurs enfants. La guerre s'enterre et avec elle les soldats morts ou vivants. On ne sait plus combien de temps cela va durer. Est-ce un sentiment de solidarité, un engagement patriotique ou les deux qui motivent le curé de Lherm ? Pour Sylvain, sa place est là-bas, dans les zones de combat, il sera encore plus utile.

En août 1915, quelques mois après avoir de nouveau été réformé, il s'engage. Il sera aumônier volontaire. Sylvain a 44 ans.

Sur le front

Le 27 août 1915, il est nommé aumônier volontaire du culte catholique au groupe de brancardier du 20° corps. Dès la fin septembre il participe à la 2° bataille de Champagne.

C'est probablement dans cette première période qu'il envoie à son neveu, Elie Vidal, une carte postale photographique qu'Yvette Tardieu, la fille d'Elie, a précieusement conservée. On y voit Sylvain Vidal à cheval, à l'arrière plan un colonel Allemand probablement prisonnier et peut être blessé, Sylvain a toujours appartenu au service de santé et à des groupes de brancardiers. Elie Vidal a 17 ans au moment de l'engagement de son oncle, il sera mobilisé à son tour le 1er mai 1917.

Transcription du texte de la carte postale

Cher neveu

Nous avons encore changé de cantonnement pour aller une vingtaine de kilomètres à l'arrière. Je suis logé au presbytère dans une très bonne chambre et j'ai un très bon lit. J'en profite pour bien dormir car je crois bien que nous allons retourner sous les obus après demain. Je t'envoie cette photo comme souvenir. Tu me verras là, prés de la tente d'où vient de sortir le colonel qui s'appuie aux fils de fer barbelés, les obus tombent à huit cent mètres de là, Bibi tend ses oreilles au bruit du canon qui grandit en intensité. Le sur-lendemain de la pose il faillit être décapité par un énorme éclat d'une grosse marmite. Nous allons sans doute reprendre la vie de bivouac qui n'est guère agréable par la neige et la pluie mais depuis hier il fait très beau.

Je t'embrasse bien fort avec ton père et ta mère.

Ton oncle tout dévoué.

S. Vidal

En 1916, il est à Verdun et dans la Somme.

Le 22 janvier 1917 il est nommé aumônier titulaire au groupe de brancardier divisionnaire de la 168° DI (division d'infanterie). Il se rapproche des zones de combat. Il sera au Chemin des Dames.

Le 12 janvier 1918 une première citation à l'ordre de la 168° DI lui est accordée : "Aumônier divisionnaire de haute valeur morale, s'emploie avec zèle et dévouement, sans jamais calculer le danger, à remplir les devoirs de son ministère."

Le 3 mars 1918 une nouvelle citation lui est accordée, cette fois-ci à l'ordre du 160° RI : "S'est acquis la reconnaissance du 160° RI, en lui donnant les preuves d'un dévouement dont le zèle n'a d'égal que la discrétion, aussi bien dans l'intérêt qu'il porte à ses morts que par le réconfort qu'il procure à ses blessés, quelles que soient les difficultés et les circonstances."

Sylvain Vidal va avoir 47 ans, il est à la guerre.

Durant l'année 1918 il sera mêlé avec le GBD/168 (Groupe de brancardier de la 168° DI) aux combats à Verdun, en Flandres et en Champagne.

1918 : la démobilisation

Le 20 décembre 1918, Sylvain est libéré de son service, il rentre à Lherm, peut être pour noël ?

Il est mis en congé illimité de démobilisation le 14 avril 1919, à la veille de ses 48 ans.

Après 39 mois de présence auprès des soldats, des blessés et des mourants, il retrouve sa paroisse.

Mais c'est à Vire sur Lot, paroisse dont il devient le prêtre en 1921, que s'achève son sacerdoce en 1945, il parle très peu de sa guerre, sa petite nièce, Yvette Tardieu, n'en garde aucun souvenir. Elle se souvient seulement que par trois fois il se rendra à Paris pour ranimer la flamme du Soldat Inconnu lors des célébrations de l'armistice.

Il est enterré dans le cimetière de Vire sur Lot.

Sources :

Archives départementales du Lot

Yvette Tardieu, Espère

Mémoires des Hommes, JMO

Gallica, Livre d'or du clergé

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Commentaires récents

  • Eau il y a 2 années 2 mois

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