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Georges Mazières, le marin d'Espère

Des origines Espéroises

Bien qu'inscrit sur le monument aux morts d'Espère Georges Mazières n'est pas né et n'a pas vécu à Espère. Sa trace s'est révélée difficile à suivre.

Le premier élément historique trouvé a été son acte de naissance établi à Cahors le 20 novembre 1893, on apprend ainsi que Georges Eugène est le fils de François Mazières qui est né à Espère. L'acte de naissance est établi à Cahors alors que la résidence des époux Mazières est Lexos (Tarn et Garonne), François exerce alors la profession de maître d'hôtel.

François est le fils d'Augustin et Marie Mazières cultivateurs au bourg, on le trouve cité dans le recensement de 1886 résidant chez ses parents il semble à cette époque être le seul des cinq frères et soeurs restant au foyer.

Au moment du conseil de révision il est à Paris, déclaré bon pour le service mais dispensé car un de ses frères est au service au même moment, il rejoint finalement le 6° Hussard en novembre 1890 mais est aussitôt réformé pour emphysème pulmonaire.

Il se marie avec une jeune parisienne, peut être rencontrée à l'occasion de son parcours professionnel. En 1893 le couple est en province et accueille un premier enfant prénommé Georges, puis en 1898 viendra Yvonne.

Une jeunesse à Aurillac

La fiche matricule de François nous apprend son décès le 04 janvier 1905 à Aurillac, il décéde brutalement (Est-ce lié à l'emphysème diagnostiqué quelques années plus tôt ?) au buffet de la gare à 12h, son acte de décès le qualifie de "buffetier", le couple était gérant du buffet de la gare d'Aurillac.

Il meurt à 36 ans, son fils Georges Eugène a 12 ans et Yvonne 7 ans. François est enterré dans le cimetière d'Espère.

La famille reste à Aurillac, Eugénie garde la gérance du buffet de la gare et élève ses deux enfants.

1911, l'année du choix

La fiche matricule de Georges Mazières, retrouvée aux archives départementales du Cantal révèle bien des surprises, on comprend enfin comment un jeune garçon élevé loin des univers marins se retrouve sur un navire.

En janvier 1911, Georges a 18 ans et il est à Toulouse où quelque bêtise de jeunesse le signale aux services de police, sa fiche matricule lui attribue la profession de cuisinier, son domicile officiel est toujours celui d'Aurillac, c'est un garçon de petite taille (1.63m) au visage rond, il a les yeux marrons et les cheveux châtains.

Le 28 novembre 1911 il est à Rochefort sur Mer (Charentes Maritimes), à la mairie, où il signe son engagement pour 3 ans dans la marine, il est immédiatement incorporé comme apprenti marin. Son engagement doit se terminer le 28 novembre 1914. Il a 18 ans.

Cet engagement est-il la conséquence des événements de Toulouse ? Eprouve-t-il le besoin de s'éloigner ? Accomplit-il un rêve ? Ou tout à la fois ?                      

Alors qu'il est né en 1893 et appartient à la classe 1913, alors qu'il aurait dû être incorporé en 1914 pour son service de 3 ans, Georges Mazières est déjà sous les drapeaux en août 1914 au moment de la déclaration de guerre.

La guerre et la marine

On retrouve Georges Eugène dans les rôles d'équipage du Bouvet comme matelot de 3ème classe sans spécialité, il n'exerce donc pas son métier de cuisinier à bord. Le Bouvet est un cuirassé (navire blindé, armé de pièces d'artillerie lourde) affecté depuis 1912 à la 3° escadre de Toulon. Au début de la guerre il escorte des convois en Méditerranée et surveille les golfes de Messine et de Gênes sous le commandement du capitaine Rageot de la Touche.

En décembre 1914 il est envoyé dans le détroit des Dardanelles (passage maritime entre la presqu'île de Gallipoli et la Turquie reliant la mer Égée à la mer de Marmara.).

Le 18 mars 1915 : 18 bâtiments de la flotte franco-britannique tentent de forcer le détroit des Dardanelles. Ils ont pour mission de détruire l'artillerie turque (la Turquie est alliée à l'Allemagne) en position dans les forts de la rive européenne de Gallipoli et sur la rive asiatique. L'opération est un échec. Les Alliés démolissent 8 canons sur 176 et perdent 7 gros bâtiments. Au cours de cette attaque, à 13h 58, le cuirassé BOUVET heurte une mine dérivante en face des forts turcs de Tchanak. Éventré par la mine qui explose près d'une soute à poudre et met le feu aux munitions du navire, le BOUVET chavire et coule en trois minutes. Sur les 670 hommes de l'équipage, 64 seulement sont sauvés, recueillis par des navires Anglais, Georges Eugène Mazières, 22 ans, repose dans cette épave au large des côtes Turques.

Georges Eugène est inscrit sur le monument aux morts d'Aurillac mais ses grands-parents Augustin et Marie ont dû veiller à ce que la mémoire de leur petit-fils soit aussi honorée dans le village familial, c'est pourquoi le monument d'Espère porte aussi son nom.

La famille d'Yvonne, soeur de Georges, entretient aujourd'hui, encore, la mémoire de cet oncle disparu...

Hommage et citations

Le 6 août 1915, le cuirassé Bouvet reçoit une citation : "Après avoir soutenu un combat énergique contre les forts des Dardanelles, le 18 mars 1915, a heurté une mine et a trouvé une fin glorieuse, sombrant avec son commandant et presque tout son équipage."

Le 3 décembre 1919, la division du contre Amiral Guépratte à laquelle appartenait le Bouvet reçoit une citation : "A pris part avec une magnifique bravoure à l’attaque des Dardanelles en mars 1915, donnant, malgré de lourdes pertes, un splendide exemple d’entrain, de ténacité et de discipline."

Fourragère aux couleurs du ruban de la Croix de Guerre 1914-1918 - Cuirassé BOUVET - les officiers et marins de ce bâtiment présent à bord aux dates indiquées par la circulaire du 13 décembre 1919 ont droit au port individuel de la fourragère.

Sources : Archives départementales du Lot, Archives départementales du Cantal, Gallica, Wikipédia et wikimédia, mémoire des hommes, Navires de la Grande guerre (Auteurs : Yves DUFEIL – Franck LE BEL – Marc TERRAILLON), Mme Geneviève Lassave, petite-nièce de Georges Mazières.

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Commentaires récents

  • Eau il y a 2 années 5 mois

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