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Et au-dessous coule une rivière...

     Entrés par le trou de la combe d' Espere, les spéléologues chevronnés : Bernard Blon, Michel Besson, Jean-Claude Colette, Daniel Dominguez et Jo Magdelaine ont découvert une rivière mystérieuse qu' ils ont baptisée "la rivière inconnue". 

     L' entrée était connue comme un petit trou descendant sur quelques mètres. L'orifice d'entrée fonctionne comme une émergence temporaire en cas de crue contribuant à inonder la vallée sèche, comme en 1962 et 1996. 

     La cavité a été agrandie et explorée entre le 20 janvier et le 05 février 1984 par le groupe de spéléos qui en ont effectué le relevé topographique. 

     On y descend par un boyau étroit et incliné qui nécessite une corde de 30 mètres. Puis en rampant dans la boue on rejoint la rivière qui se parcourt sur 400 mètres vers l' aval avant de buter sur un siphon argileux pour le moment infranchissable. 

     A 100 mètres avant le siphon terminal, on peut remonter un affluent, une belle galerie avec un passage bas, une cascade, de belles marmites ; elle se termine elle aussi devant un siphon plongé jusqu'à -9 mètres.
A remarquer, dans la roche calcaire, une amonite et des coquillages fossilisés. 

     La totalité du réseau de la rivière inconnue se situe sous la commune d'Espère. Le développement total du réseau exploré est d'environ 650 mètres, la profondeur maximale atteinte est de -37 mètres. 

La rivière inconnue peut se mettre en charge rapidement sous l'effet d'une forte pluie remplissant la partie centrale ou la totalité des galeries.

Il convient de ne s' y aventurer que par beau temps et avec des spéléos expérimentés.

Pour des raisons de sécurité, la localisation exacte de l'entrée ne sera pas indiquée ici. 

Malgré des tentatives de traçage par coloration personne ne sait d'où elle vient ni où elle va. Plusieurs sorties d' eau sont possibles, dont certaines sont captées.

La rivière inconnue garde ses mystères pour l'instant, elle fait partie d'un réseau complexe qui circule sous la commune. 

Toutes ces incertitudes invitent à la plus grande prudence quant aux conséquences de nos activités en surface.

Historique des explorations par Claude Milhas

Premières visites :

L'entrée en pente a été dégagée en 1960 par le Groupe Spéléologique du Quercy (topographie de Gabriel Maury) sur une dizaine de mètres de long avec arrêt sur une zône étroite obstruée.
L'orifice d'entrée fonctionne comme une émergence temporaire en cas de crue, contribuant à inonder la vallée sèche, comme en 1962 et 1996.

Désobstruction :

Daniel Dominguez et Christian Hervieux redécouvrent le trou début 1984 et commencent à ressortir les cailloux qui l'obstruent. L'étroiture terminale laisse passer un conrant d'air.

Les spéléologues chevronnés : Bernard Blon, Michel Besson, Jean-Claude Colette et Jo Magdelaine sont appelés en renfort pour agrandir cette étroiture, ce qui leur a pris 4 jours de travail difficile vu la pente et l'étroitesse de la galerie.

Exploration du 29/01/1984:

Le groupe de spéléos qui a travaillé à cette désobstruction découvre, après l'étroiture, un puits d'une dizaine de mètres.
Puis en rampant dans la boue sur une quarantaine de mètres, ils rejoignent une rivière souterraine qu'ils parcourent sur environ 300 mètres dans une galerie d'un à deux mètres de large et trois ou quatre mètres de haut ; après un passage bas, ils atteignent un confluent de deux rivières.

Ils décident de continuer vers l' aval dans une galerie plus grande (jusqu'à quatre ou cinq mètres de large pour sept ou huit mètres de haut), descendent 2 cascades de un à deux mètres de haut, avant de buter sur un beau siphon aval argileux dans une salle de quinze mètres sur huit avec un plafond à près de dix mètres de haut.

A 100 mètres avant le siphon terminal, au niveau du confluent, la remontée de la deuxième rivière est vite arrêtée par un passage très bas, une voûte trop mouillante pour être franchie ce jour là. mais ils perçoivent le bruit d'une cascade plus loin vers l'amont.

450 mètres de galeries avec 2 rivières ont été découverts ce jour là.

Nouvelle exploration le 5/02/1984 :

Le débit étant plus faible, le franchissement de la voûte basse de la deuxième rivière permet de découvrir une belle galerie d'un mètre de large mais haute de six ou sept mètres, avec une cascade de quatre mètres de haut, puis de belles marmites profondes avec arrêt au bout de 200 mètres sur un siphon amont d'où sort cette deuxième rivière (qui, au niveau débit, est la plus importante de cette cavité).

Et la suite?

Elle est réservée aux plongeurs spéléologues (club H2O de Luzech, Hervé Lefebvre, P.Mercourt et Nadir Lasson entre autres) dans les 3 siphons de la cavité :

Siphon S1-S2 qui alimente la première rivière à 100 mètres de l'entrée: progression vers l'amont très difficile à cause d'une visibilité nulle due à l'argile.

Siphon aval : idem et de plus le siphon semble colmaté au fond de la vasque par des blocs, graviers et argile.

Siphon amont de la deuxième rivière: plongée en pente à 45 degrés et arrêt vers - 6 mètres sur une dune sableuse qui empêche le passage mais laisse quand même voir la suite apparemment assez grande sur une bonne vingtaine de mètres; des travaux ont été tenté pour creuser cette dune mais son instabilité est préoccupante pour les plongeurs .

Autres observations :

A remarquer, dans la roche calcaire, au moins deux fossiles d'ammonites dégagés par l'érosion de la rivière et des coquillages fossilisés.

La totalité du réseau de la rivière inconnue se situe sous la commune d'Espère.
Le développement total du réseau exploré est d'environ 650 mètres,la profondeur maximale atteinte est de -37 mètres au niveau du siphon aval.

La rivière inconnue peut se mettre en charge rapidement sous l'effet d'une forte pluie. remplissant la partie centrale ou la totalité des galeries ( dépots d'argile omniprésents).
Il convient de ne s'y aventurer que par beau temps et avec des spéléos expérimentés.

Malgré des tentatives de traçage par coloration, personne ne sait d'où elle vient et où elle va. Plusieurs sorties d' eau sont possibles, dont certaines sont captées.

Coté amont, le plateau de Crayssac qui pourrait alimenter les deux rivières est à environ 100 mètres plus haut en altitude que le siphon amont, ce qui laisse envisager des explorations possibles si des plongeurs arrivaient à franchir la dune de sable de ce siphon.

Coté aval, les espoirs d'exploration sont très faibles vu les mises en charge du réseau lors des fortes pluies, ce qui dénote un colmatage assez important des conduits se dirigeant vers la résurgence inconnue du réseau, avec une vingtaine de mètres maximum de dénivelé possible (par exemple dans l'hypothèse où elle résurgerait à la source de l'usine électrique de Mercuès, au bord du Lot) .

La rivière inconnue garde donc ses mystères pour l'instant et mérite toujours son nom !

 

Cet article a été écrit pour nous par Bernard Lafage qui a aussi réalisé les photos.

Toutes les données sont le fruit des explorations de divers groupes depuis les années 80.

Un grand merci à tous.

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Commentaires récents

  • Eau il y a 2 années 4 mois

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