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1912, le Pouzard, les riverains et la mairie

Encore quelques documents, repérés par Jean-Pierre Xaumier, en provenance des Archives départementales (versement DDAF d'avril 1993).

Tout commence par une nuit pluvieuse entre les 7 et 8 janvier 1912...

Avertissement : bien que cette petite histoire soit sans conséquence nous avons préféré conserver l'anonymat des deux plaignants pour ne pas gêner leurs éventuels descendants.

Episode 1 : une plainte est adressée au Préfet.

La plainte au préfet de 1912 recto transcription de la première partie de la lettre recto et verso :

"Espère le 26 février 1912,

Monsieur le Préfet,

Nous soussignés, XXXXXX et YYYYYY, demeurant à Espère et propriétaires riverains du ruisseau de la fontaine du Pouzard, avons l'honneur de vous exposer ce qui suit.

La commune d'Espère a établi, sous la place publique (dite place Labarthe) un aqueduc double qui donne passage aux eaux du dit ruisseau; affluent du ruisseau d'Espère.

Lors de la dernière crue de ce cours d'eau qui s'est produite à la date des 7 et 8 janvier, les eaux n'ont pu s'écouler librement dans cet ouvrage et ont débordé sur nos propriétés où elles ont causé de sérieux dégâts.

Nos caves ont été envahies, et leur contenu a été fortement endommagé, ainsi d'ailleurs que pourront le témoigner Mrs Vidal Antonin, Bousquet Adrien, Brugalière Léon, Andral Marcelin, Brouel cantonier (etc) à qui nous avons fait constater les dégâts.

A la date du 14 janvier, et par lettre recommandée, nous avons cru devoir signaler cet état de choses à Mr le Maire d'Espère représentant de la dite commune en lui demandant réparation des dommages causés par suite de la trop faible ouverture de l'aqueduc; qui pensons nous a été établi sans consultations des Ingénieurs des Ponts et Chaussées et sans autorisation de votre part.

Nous n'avons reçu aucune réponse de la part de ce magistrat.

C'est pourquoi nous nous adressons à vous et vous demandons de vouloir bien nous faire rendre justice.

Dans l'espoir que vous accueillerez favorablement notre requête nous avons l'honneur d'être avec respect, Monsieur le Préfet, vos bien dévoués serviteurs.

A Espère le 26 février 1912.

Signatures"

Récapitulons :

les 7 et 8 janvier 1912 une crue du Pouzard envahit deux maisons

le 14 janvier 1912 les popriétaires incriminent des travaux réalisés par la commune et demandent réparation.

le 26 janvier, en l'absence de réponse du Maire, ils font appel au Préfet.

le 28 février, comme on peut le voir sur les annotations en marge, la lettre au Préfet est transmise à l'Ingénieur en chef du service hydraulique pour examen et avis.

le 5 mars le dit Ingénieur en chef transmet à l'Ingénieur ordinaire Lagarde pour avis.

le 6 mars l'ingénieur ordinaire communique la lettre à Mr Sénes, conducteur subdivisionnaire, "pour avoir son avis dans le plus bref délai possible".

Episode 2 : l'état des lieux et le rapport des Ingénieurs.

Le 31 juillet 1912 les ingénieurs rendent leur rapport.

On y voit d'abord un plan de situation de tous les éléments, les maisons qui ont été inondées, le ruisseau, la place, le lavoir et une rigole très intrigante le long de la route de Calamane à Caillac.

Puis le plan de l'ouvrage incriminé et le tracé des modifications préconisées.

Et c'est à cette même date que les plaignants, satisfaits de la solution proposée, renoncent à leurs réclamations sous réserve que les travaux soient exécutés. Cette renonciation est écrite directement à la suite du courrier du 26 février 1912.

Transcription de la renonciation :

"Les pétitionnaires soussignés déclarent renoncer aux réclamations formulées dans la pétition ci-dessus sous réserve que la commune prendra l'engagement d'exécuter les réparations suivantes :

1° Baisser le lavoir sur un mètre de longueur à sa jonction avec l'aqueduc de manière qu'il se raccorde en plan incliné avec le radier de l'aqueduc pour donner à celui-ci tout son débouché en hauteur soit 0.91m.

2° Pratiquer deux ouvertures d'environ 0.40/0.40 dans le haut du mur de tête de l'aqueduc en vue d'augmenter l'écoulement en cas d'inondation.

3° Nettoyage de l'aqueduc et confection d'un radier en maçonnerie ordinaire avec mortier afin que l'écoulement des eaux soit mieux assuré et que l'aqueduc soit moins sujet à être obstrué.

4° Élévation de 0.15 à 0.20 de la passerelle pour piétons établie à l'amont pour en augmenter aussi le débouché superficiel.

A Espère le 31 juillet 1912

Signatures"

Episode 3 : Conseil municipal

Le conseil municipal se réunit donc le 18 août et délibère en faveur des plaignants.

Transcription de la délibération :

"Extrait du registre des délibérations du conseil municipal d'Espère

L'an mil neuf cent douze et le dix huit Août, le Conseil municipal de la Commune d'Espère réuni au lieu de ses séances, sous la présidence de Mr Lasserre, Maire.

Etaient présents : Mrs Lasserre maire, Peyssot Adjoint, Martin, Bergues, Bouyssou, Sahut, Pécout, Vidal et Agard.

Absent : Miquel Jean.

Mr le Président soumet au Conseil le rapport de Mr le Conducteur des Pont et Chaussées, adopté par Mr l'Ingénieur ordinaire et l'Ingénieur en chef du département du Lot à Cahors, au sujet de la pétition formulée par Mrs XXXXXX et YYYYYY d'Espère contre les dégâts occasionnés par le débordement du ruisseau du Pouzard à leurs immeubles.

A l'unanimité les membres du Conseil municipal sont d'(avis d'approuver l'exécution des travaux signalés dans ce rapport, en échange des engagements pris par les pétitionnaires sus-désignés, renonçant à leurs réclamations du 26 février 1912.

pour copie conforme

le Maire

J Lasserre"

Cette délibération est approuvée par le Préfet le 13 octobre 1912.

A noter : un des conseillers municipaux porte le même nom que l'un des plaignants, s'agit-il d'un simple homonyme ou de quelqu'un de la même famille ou du plaignant lui même ?

Pour le moment pas de réponse.

Epilogue :

Les travaux furent-ils effectivement réalisés ? Il faudrait le vérifier, mais c'est probable, on ne voit pourquoi il en aurait été autrement.

Pourtant bien des années plus tard une nuit de janvier 1996, le Pouzard a encore fait des siennes et a inondé en quelques heures le même secteur et les mêmes immeubles.

 

Sur cette deuxième image on voit que la rigole du chemin de Calamane à Caillac existait encore en 1996 et canalisait de l'eau venant de Calamane, on aperçoit aussi les barrières interdisant la circulation sur la RD 911 totalement inondée.

Commentaires récents

  • Eau il y a 2 années 2 mois

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